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Le vieux clos

Le vieux clos

Jardin de 800 m2 situé à Sèvres (92) La vie du jardin au fil des jours, des mois, des saisons.


Jardinez au naturel

Publié par Sylvaine sur 11 Avril 2013, 07:48am

Catégories : #Botanic



Avez-vous remarqué le nouveau logo que j'ai mis sur le blog ?



Je suis ravie de faire partie du partenariat Botanic d'être ainsi, à travers le blog, une petite et modeste ambassadrice de la biodiversité :)
Comme vous le savez,  dans mon Clos cerné de toute part par la Ville, j'essaie de créer un havre de verdure accueillant pour la faune et la flore. Je cultive "bio", n'utilisant ni pesticides, ni désherbants, juste un peu d'engrais à mes rosiers en été et occasionnellement, du Ferramol pour limiter les ravages des baveux.
J'accueille aussi plusieurs adventices, quelques petites plantes sauvages qui font le bonheur des premiers butineurs à la sortie de l'hiver.
Parmi celles-ci, il y a les primevères que je vous ai déjà montrées :



Dans les recoins sombres, en lisière des arbres et arbustes, les petites violettes fleurissent elles aussi.
Discrètes, timides, on les remarque à peine au milieu des corolles et coloris éclatants. Cependant la coquine a plus d'un tour dans son sac pour attirer et séduire ses galants.
Odorante, elle les enveloppe dans des fragances enivrantes qui leur font chavirer le coeur et leur offre, en prime, nectar et pollen abondants.
Comment résister ? Séduits, charmés, conquis, délaissant narcisses, primevères, jacintes même, une foule d'amoureux lui font la cour et j'ai même vu des bourdons la quitter à regret, titubant comme au sortir d'un bar.

Et pourtant - qui l'eut cru ? - la friponne ne se laisse pas féconder !!!
La fleur belle et attractive au parfum suave et musqué est stérile et fanera sans engendrer de descendance !

Miss Violette est une adepte de l'auto-fécondation.
En été, à l'abri des regards indiscrets, elle cachera sous son feuillage des fleurs atrophiées, sans pétales, ressemblant à un bouton vert, et ces fleurs ridicules, sans le moindre parfum, engendreront la vie !
Ensuite, les graines enrobées d'huile pour la gourmandise des fourmis, seront transportées par celles-ci et parfois, oubliées ou perdues en chemin ...

Comme il ne faut rien négliger pour assurer sa descendance, elle se propage aussi de manière très efficace par tiges stolonifères.

Viola odorata classique :


Et depuis quelques années, de jolies claires :



Deux envahisseuses, la ficaire et la petite véronique à feuilles de lierre, ont droit de cité.

La ficaire, Ranunculus ficaria ( Ficaria verna ; F.ranunculoides ) appartient à la vaste famille des Renonculacées, tous gens peu recommandables en raison de leur redoutable toxicité.
C'est une petite plante vivace et tapissante des lieux ombragés, des sous-bois, des bords de vieux chemins, qui fleurit tôt en saison, parfois dès février, avant l'apparition des feuillages qui masque la lumière.
Ses feuilles sont arrondies en forme de coeur et ses fleurs sont jaune vif comme des petits soleils, gaies, petites étoiles d'or qui illuminent les massifs à la fin de l'hiver, résistent à ses assauts répétés, aux giboulées de pluie, de grèle, et annoncent le printemps :




Elle porte plusieurs noms populaires, Eclair, petite Eclaire, petite Chelidoine, Eclairette, Louis d'or, Pot au beurre et aussi Pissenlit rond et Epinard du bûcheron, Herbe aux verrues, Coupe verrue.
Ces noms ne sont pas le fruit du hasard.
Les feuilles de la ficaire sont riches en vitamine C et elles étaient employées autrefois contre le scorbut ; Cueillies jeunes, avant la floraison, elles étaient consommées en salade.
Ensuite, pendant et après la floraison, les feuilles accumulent de la proto-anémonine, alcaloïde toxique pour l'homme et au goût très acre.
Les racines et les tubercules en sont particulièrement riches et étaient employées autrefois contre les verrues.

Indigène au Vieux Clos, elle forme de beaux tapis jaunes décoratifs sous les arbres caducs et elle ne concurrence pas les autres plantes. Elle fait des feuilles, fleurit, fâne, trois p'tits tours et puis s'en va... presque ...

Ses racines, petits tubercules ovoïdes et charnus bien vivaces, demeurent en terre.
C'est eux qui ont donné le nom de Ficaire, Herbe aux fics ou Herbe aux Hémorroïdes parce qu'ils ressemblent aux figues mais aussi à ces désagréables varices !
Elle se propage par bulbilles nichés à l'aisselle des feuilles qui tombent lorsque celles-ci fanent, et sont disséminés par les fourmis, la pluie ou le jardinier. 

La Véronique, enfin, est une jolie petite plante qui se plait dans toutes les zones ensoleillées et sèches. Annuelle, elle recouvre le massif des iris de ses feuilles en forme de lierre et ses minuscules fleurs bleu lavande :




Je les laisse car elles sont un met de choix pour Chocolat et Noisette au sortir d'hibernation :



Toutes ces petites plantes sauvages, venues toutes seules, se plaisent dans le jardin et il faut les contrôler. Un jardin n'est ni une prairie sauvage, ni un sous-bois forestier, il est et demeure un jardin cultivé et il faut créer un bon équilibre entre adventices et plantes cultivées pour qu'elles vivent en bonne harmonie.

Mais n'est-ce pas un bonheur, une récompense presque, dans mon jardin urbain, de découvrir un jour des coucous semés par le vent ou les oiseaux :



Une jolie petite primevère des bois :



Ou une délicate violette à fleurs blanches :



Il y en a d'autres, comme les petites cardamines, très appréciées aussi par mes tortues, les pissenlits, et aussi quelques ennemies comme la renoncule rampante ou le gaillet gratteron.
"Chassez le naturel, il revient au galop" ! lol

Bisous et bonne journée











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canardjaune 12/04/2013 21:31

Bonsoir Sylvaine : Très bel article qui résume l'équilibre d'un vieux clos bien conduit . Bises et bon week-end avec le soleil garanti météo

stéphanie 12/04/2013 14:06

Très très bel article, Sylvaine ! moi aussi, tout nature, à l’extérieur comme à l’intérieur : jardin et maison, même combat ! et c'est tellement plus agréable de vivre dans un endroit sain...
j'aime ces petites adventices que tu cites, pour moi, certaines font le boulot de colorer les parties du jardin encore délaissées...et elles sont nombreuses !

Adiante 12/04/2013 08:58

C'est pour cela que j'aime venir me promener au Vieux Clos pour son côté naturel et ancien ...
Je préserve de même les plantes indigènes et " mauvaises " herbes.

Françoise 11/04/2013 22:02

Quel merveilleux article ! Bravo ! Je suis ravie d'avoir appris toute cette histoire des ravissantes petites envahisseuses jaunes que je limite un peu mais en en conservant tant je les trouve charmantes.. Tout comme j'adore la véronique des chênes

Bravo pour ce label ! et merci

Maryline 11/04/2013 21:04

Passionnant ton post Sylvaine, une vraie leçon de botanique. Dans mon espace nature comme je préfère l'appeler, j'ai énormément de sauvageonnes aussi et pas mal d'orties. Je ne savais pas que la ficaire était aussi réputée contre les verrues, je ne connaissais que la chélidoine. Et puis tes tortues sont adorables, j'aimerai beaucoup en avoir, mais mon jardin n'est pas clos, et à la campagne il y a beaucoup de prédateurs. Bonne soirée.

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